La réponse citoyenne et non violente à l'impunité d'Israël.

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Boycott Désinvestissement Sanction

Comment l'accord commercial entre l'Union Européenne et les Etats-Unis pourrait faucher la campagne « Boycott Israel »

Onglets principaux

Deux membres du congres américain ontdéposé une loi qui transformerait l'énorme traité de libreéchange entre les USA et l'Union Européenne [TTIP] en une armedévastatrice contre le peuple palestinien et tout ceux qui défendentla justice à leur coté. En parallèle du TTIP qui est négociéactuellement, cette loi propose d'obliger les 28 Etats Membres del'UE à s'attaquer aux groupes qui participent à la campagnegrandissante en faveur du Boycott, Désinvestissement et Sanctions(BDS) d'Israel en solidarité avec le peuple palestinien.

Pour combattre l'isolation croissanted'Israel dans l'opinion publique globale, les Etats européensseraient transformés de fait en policiers au service de l'Etatnord-américain.

Le « US-Israel Trade andCommercial Enhancement Act » présenté au congres ce 10février cherche à rendre tout accord avec bruxelles dépendant dela volonté de stopper tout engagement des Etats, organisations etindividus dans des actions BDS visant à tenir Israel responsable deses violations du droit international.

La loi est explicitement construitecomme une attaque sur le mouvement BDS, un mouvement global 'à labase' qui répond à l'appel issu, en 2005, de la société civilepalestinienne aux personnes conscientes partout dans le monde delancer des boycotts, de désinvestir de et d'imposer des sanctions àIsrael jusqu'à ce qu'[Israel] reconnaisse les droits despalestiniens en accord avec le droit international. Le mouvement BDSa énormément grandi depuis son lancement, gagnant des soutiens desyndicats et d'églises, amenant des multinationales comme G4S ouVeolia à perdre de nombreux contrats publics dans le monde à causede leur implication dans des projets israéliens qui violent lesdroits humains des palestiniens, et persuadant des grandes banques etfonds de pensions à désinvestir [de l'entité sioniste].

Etendre la répression :
Suite à sessuccès de plus en plus importants, le mouvement BDS est soumis à unlarge spectre d'attaques juridiques et politiques, en particulier auxUSA, en Australie et bien sur en Israel. La nouvelle loi discutéeaujourd'hui au Congres [américain] est une tentative d'étendre larépression politique au coeur de l'Europe, en utilisant lesnégociations du TTIP comme cheval de Troie.

Pourtant cesnégociations UE-US sont déjà hautement controversées en Europe,où le TTIP est largement vu comme une tentative de donner un niveaude pouvoir sans précédent aux entreprises multinationales. Lanouvelle que l'accord interdira aussi les campagnes BDS en solidaritéavec le peuple palestinien augmentera la conviction que lesEtats-Unis veulent utiliser le TTIP pour saper la démocratieeuropéenne en faveur de leurs propres objectifs géostratégiques etéconomiques.

Les négociationssur le TTIP ont été lancées lors de l'été 2013, et les'officiels' espèrent encore de conclure le traité avant la fin dela présidence de Barrack Obama .

Le TTIP n'estpas un accord commercial traditionnel qui viserait à réduire lestarifs douaniers, puisque ceux-ci sont déjà très bas entre l'UE etles USA. Le TTIP est donc centré sur le démantèlement des« barrières » au commerce qui existent au delà de lafrontière, en l'occurence les normes sociales, le droit du travailet les régulations environnementales qui gênent les firmesmultinationales dans la maximisation de leurs profits dans lecommerce transatlantique.

Un affront à la démocratie.
Dans un affrontsupplémentaire à la démocratie, le TTIP introduirait des nouvellesfaçons pour les entreprises étrangères de contourner les courts ettribunaux nationaux et de poursuivre les gouvernements pour leurspotentielles pertes de profits, dans un système arbitral accessibleà elles seules.

Pour toutes cesraisons et beaucoup d'autres, un mouvement massif s'oppose au TTIPdans toute l’Europe et de plus en plus aux USA. Des activistesécologiques se sont alliés à des syndicats, des militants pour lasureté alimentaire, des activistes anti gaz de schiste et desdéfenseurs des droits informatiques pour s'opposer à cet accord. Ilexiste maintenant des plateformes NO-TTIP qui coordonnent des actionsà tous les niveaux.

Ces campagnesont appelé à une journée de mobilisation internationale contre leTTIP et d'autres traités de libre échange ce 18 avril, descentaines de milliers de participants sont attendus. Les officielsqui défendent le traité ont reconnu qu'ils perdent le débatpublic.

La loi a étéproposée par deux membres du congres des deux partis politiquesdominants [républicains et démocrates]. Dans une déclaration,Peter Roskam (Républicain) et Juan Vargas (Démocrate) ne se cachentpas du tout du fait que la loi est construite pour « contrer lemouvement BDS à l'encontre d'Israel et de renforcer les relationséconomiques entre les Etats-Unis et Israel. De plus, ils affirmentaussi que la loi « assurera que les partenaires 'en libreéchange' des Etats-Unis ne s'engageront jamais dans cetteprotestation politiquement dommageable et illégitime contre Israel,tout en protégeant les firmes américaines contre des poursuitesjudiciaires qui viseraient leurs associations avec Israel ».

Au delà desdeux représentants, la loi est soutenue par une lettre del'ex-ambassadeur d'Israel aux Etats-Unis, Michael Oren.

Aujourd'hui[l'article date de février], Michael Oren est en campagne en Israel.Il a dédié une grande quantité de temps ces dernières années àdénoncer le mouvement BDS. Ceci correspond à une tendance desofficiels du gouvernement israélien à s'allier avec desorganisations pro-israéliennes américaines et des groupes depressions enregistrés pour tenter d'utiliser les outils légaux etgouvernementaux pour attaquer le mouvement BDS et de museler lescritiques des politiques d'apartheid de l'Etat d'Israel.

Ces tactiquesont été moins efficaces en Europe, ce qui explique les tentativesde la loi proposée d'étendre cette influence à l'Union Européenne.

Feu vert pour la surveillance ?
Cette loiappelle aussi à la surveillance et au recueil de données sur « lesactes de Boycott, Désinvestissement et Sanctions politiquementmotivés contre Israel». Un rapport basé sur cettesurveillance serait présenté au Congrès [américain] endéans lessix premiers mois suivant la mise en place de la loi.

Il est spécifiéque le contenu de ce rapport inclura des informations sur « lesdécisions par des personnes étrangères, en ce compris desentreprises et des institutions financières liées à des Etats, quilimitent ou interdisent les relations économiques avec Israel ouavec des personnes faisant des affaires en Israel ou dans lesterritoires contrôlés par Israel ».

Vu lesantécédents des Etats-Unis dans la surveillance de ces proprescitoyens, ainsi que d'autres personnes partout dans le monde, il estréaliste de penser que ceci est une autre façon de « légaliser »la collecte de données pour des objectifs de stratégie économiqueet politique. Si la loi est adoptée et que les négociations sur leTTIP se concluent, ceci donnerait donc le feu vert à la surveillancepar les Etats-Unis de citoyens individuels, de groupes d'activistes,d'organisations de charité, d'entreprises et même de gouvernementsen Europe.

La loi spécifiequ'elle vise toute personne, organisation ou entité qui interdit oud'une autre façon prend position contre le fait « de faire desaffaires avec Israel, avec des entités Israéliennes, ou dans lesterritoires contrôlés par Israel. ». Ceci accorde de faitl'immunité contre toute poursuite judiciaire ou même la possibilitéd'une enquête sur tout type d'entreprise israélienne, en ce compriscelles qui sont impliquées dans la production et le commerce d'armesutilisées dans les crimes de guerre contre la population civile deGaza. Il permet aussi à la multitude d'entreprises qui opèrent dansles colonies illégales d'Israel en Cisjordanie occupée depoursuivre leurs opérations non seulement sans contraintes, maissurtout en étant immunisées de tout questionnement ou critique.

Ceci signifierait que les gouvernements, les organisations menant campagneet les individus aux Etats-Unis et en Europe serait empêchésd'enquêter sur les plaintes de crimes de guerre ou sur les firmesactives dans les colonies israéliennes.

La loi fait des références fréquentes au boycott d'Israel par la Ligue Arabe etnote comment les États-Unis ont utilisés des traités commerciauxdans le passé pour saper les actions de solidarité contrel'oppression du peuple palestinien par Israel. Ainsi, l’utilisationpar les Etats-Unis de ses traités de libre échange avec l'Egypte etla Jordanie à cette fin est bien connue : l'accès sans tarifsdouaniers des exportations de leurs [de l'Egypte et de la Jordanie]zones industrielles au marché américain est soumis à la strictecondition que les produits incluent des matériaux israéliens.

La nouvelle loise vante que les Etats-Unis ont utilisé leurs accords de libreéchange avec le Bahrein et Oman pour stopper la participation de cespays au boycott de la Ligue Arabe, et que le gouvernement américaina conditionné l'adhésion de l'Arabie Saoudite à l'OrganisationMondiale du Commerce à l'abandon de l'application de certainséléments du Boycott.

L'introductionde cette nouvelle loi anti-BDS dans le contexte des négociations surle TTIP affirme clairement que quiconque entre dans un accordcommercial avec les Etats-Unis doit s'attendre à abandonner sesdroits à exprimer de la solidarité avec le peuple palestinien. Laloi anti-BDS casserait les derniers liens de responsabilité desgouvernement devant leurs citoyens, en empêchant les citoyens detenir leurs gouvernements responsables de leurs politiques nationaleset internationales.

Il fauts'opposer à la loi anti-BDS de la façon la plus déterminée quisoit, tout comme il faut rejeter sans concessions le TTIP.

Ryvka Barnardet John Hillary sont respectivement responsable senior decampagne et directeur executif de War on Want

Note de traduction : la traduction s'est faite rapidement et sans relecture conséquente,veuillez donc excuser les formulations parfois littérales et leséventuelles imprécisions de traduction. L'article original (lien ci-dessus) contientde nombreux liens vers des sources sur les différentes affirmationsfaites par les auteurs. bonne lecture

Par Ryvka Barnard et John Hilary, TheElectronic Intifada, 19 Fevrier 2015(http://electronicintifada.net/content/how-eu-us-trade-deal-could-thwart-boycott-israel-campaign/14290)